slave-houseLe président de l’Association internationale Mémoires et partages, Karfa Sira Diallo, a déploré vendredi à Dakar le fait que la mémoire autour de la traite des noirs et de la colonisation  »soit exclusivement touristique au Sénégal et non citoyenne », déplorant aussi qu’elle soit considérée comme  »un luxe ».   »Nous regrettons l’exploitation exclusivement touristique de la mémoire. Nous regrettons aussi que la mémoire de l’esclavage, de la traite des noirs soit exilée sur l’océan à Gorée et qu’elle soit plus touristique que citoyenne’’, a-t-il dit, plaidant que cette mémoire  »soit transformée en ressource quotidienne de citoyenneté ».M. Diallo intervenait lors d’une conférence de presse en prélude de la journée nationale de commémoration des résistances à la traite des noirs et à l’esclavage qui se tiendra le 27 avril.  »De la traite des noirs à la colonisation : bâtir une mémoire apaisée », sera le thème de la journée.

Karfa Sira Diallo a toutefois estimé que le tourisme de mémoire  »est nécessaire et que Gorée est là pour ça », recommandant aussi que cette mémoire  »soit aussi citoyenne, politique et éducationnelle pour être transmise ».

M. Diallo a aussi expliqué qu’à cause du sous-développement et des problématiques de développement et d’intégration, la mémoire est considérée comme  »un luxe » au Sénégal. Il a aussi indiqué que la traite des noirs et la colonisation sont des sujets qui  »peuvent heurter », ajoutant toutefois la nécessité de les évoquer pour une  »conscience historique ».

 »Moins on en parle, plus on attend, plus on répète les erreurs de l’histoire et ses tragédies et c’est pour cela qu’il faut que la mémoire soit une ressource quotidienne et transformée en produit dans tous les domaines économiques, socioculturels et que chacun puisse se l’approprier’’, a-t-il fait savoir.

M. Diallo a indiqué que le comité préparatoire de la première édition de la Journée nationale de commémoration des résistances pour l’abolition de la Traite des noirs et de l’esclavage travaille pour que la mémoire de l’esclavage, de la traite des noirs ne soit plus dans l’océan mais sur le continent.

 »Nous souhaitons que cette mémoire soit sur le continent, c’est sur le continent qu’il y a le plus grand nombre d’Africains et de Sénégalais. C’est là où il faut que cette mémoire puisse servir de ressources de citoyenneté pour éduquer, connaitre, transmettre, dialoguer’’, a-t-il affirmé, soutenant que c’est dans cette optique que la commémoration se fera à la mairie de Dakar.

Amadou Lamine Sall, secrétaire général de la fondation du mémorial et de la sauvegarde de Gorée a trouvé triste que Journée nationale de commémoration des résistances à la traite des noirs et à l’esclavage soit à sa premiere édition’’.

Il a aussi plaidé pour que le projet du mémorial de Gorée  »soit mis sur pied’’ car, a-t-il dit, c’est aussi un’’ projet économique dont les recettes serviront à l’entretien de l’ile de Gorée qui, en plus de l’érosion rencontre beaucoup de difficultés’’.

La cérémonie commémorative solennelle et le dévoilement de la plaque en hommage aux résistances contre l’esclavage seront organisés au théâtre de verdure de la ville de Dakar, indique un document remis aux journalistes.
Il est prévu une table ronde sur le thème de la journée toujours sur le même lieu et une lecture d’un message destiné à toutes les écoles du Sénégal, selon la même source.

« Dans une perspective d’éducation et de transmission, cette journée manifeste la primauté du devoir de mémoire comme ciment nécessaire à la lutte contre l’exploitation, le racisme et pour le dialogue des peuples et la paix dans le monde », rapporte ce document.

Le Sénégal, ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (AOF), « est la première République africaine à inscrire dans son corpus juridique la qualification de ce crime contre l’Humanité », ajoute-t-il.

Du fait de sa position géographique et de son riche héritage historique, le Sénégal « est un pays unique par son patrimoine matériel et immatériel issu de la rencontre brutale mais porteuse de civilisations que fut le commerce triangulaire », selon le même texte.

Source: http://goo.gl/FyiBZQ

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